Bébé Zéro Déchet – Testez les couches lavables dernière génération !

Pour la prise en charge du bébé Zéro Déchet après la naissance, les couches lavables deviennent un accessoire d’hygiène important que choisissent de plus en plus de parents et de familles. Les couches lavables de dernière génération ont l’avantage d’être efficaces et durables. Sur le long terme, les coûts à l’achat sont nettement plus bas que ceux des couches jetables. Cependant, en quoi se démarquent-t-elles des couches jetables industrielles ?

1. Les couches jetables, de quoi parle-t-on ?

Quand on parle de couches jetables, on pense plutôt à leur aspect pratique″ du fait qu’elles ne posent pas un souci de lavage. Autrement dit, elles sont pliées et jetées immédiatement après usage. Concernant leur composition, elles sont constituées entre 75 et 95 % de matières plastiques et pétrochimiques, dont « (…) une matière imperméable plastique en externe (polypropylène ou polyéthylène), un gel absorbant (polyacrylate de sodium) et un feuillet interne en papier ».

Cependant, l’utilisation des couches jetables cache bien une autre réalité, celle de la production de déchets (environ 5000 couches jetables pendant les deux premières années). En effet, jusqu’à la propreté, un bébé utilise en moyenne « (…) 1 tonne de couches jetables souillées ou 35 m3 de déchets (…) » dont « (…) 25 kg de plastique en polypropylène équivalent à 67 kg de pétrole (en moyenne 1 tasse de pétrole par couche jetable) en énergie et 5 arbres ». Les conséquences sur l’environnement sont importantes à savoir, les couches jetables mettront 200 à 500 ans dans la nature avant de se décomposer, l’utilisation énorme et le gaspillage de matières premières pour les fabriquer (pétrole, arbres, etc.), le rejet des produits toxiques dans l’atmosphère lors de la phase de l’incinération, entre autres.

D’un point de vue économique, il faut compter un budget d’environ 2000 à 2500 CHF pour approvisionner son enfant en couches jetables jusqu’à la propreté, ce qui représente une somme non négligeable. Les couches jetables représentent également un coût en matière de gestion des déchets, qui retombe sur la collectivité.

2. Les couches lavables, de l’époque des langes de nos grands-mères à aujourd’hui

Aussitôt qu’on parle de couches lavables, cela nous rappelle la bonne vielle époque des langes d’autrefoisoù Maman assurait la toilette de bébé par l’habilité de ses mains. Toutefois, les couches lavables de dernière génération ont bien évolué tant au niveau de leur composition que de la capacité d’absorption.

Il s’agit simplement de couches que l’on peut garder et réutiliser. Elles sont composées d’une partie extérieure constituée par une culotte de protection imperméable et d’une partie intérieure en tissu absorbant qui peut être en coton bio, viscose de bambou, microfibre, chanvre bio, etc.

Les acteurs présents dans la production de ces couches rivalisent d’ingéniosité quant au design, aux motifs et au système de fermoir utilisé. Si certains utilisent le velcro, d’autres ont recours à un système de pression disposé tout au long de la partie extérieure qui, de ce fait, s’adapte plus facilement à la taille de bébé. Différents modèles sont commercialisés sur le marché parmi lesquels on peut mentionner : la couche tout en un (TE1) et la couche à poche, la couche tout en deux (TE2), la couche avec les langes ou à l’ancienne.

3. Nettoyage et entretien

La couche fraîchement récupérée de la toilette de bébé doit être décrottée (grattée dans les WC). Elle peut ensuite être stockée avec les autres couches salles (par exemple dans un bac) en attendant la prochaine lessive. Prendre le soin de bien rincer les couches (soit au jet de douche ou à la machine avec le programme rinçage) avant d’enclencher le lavage soit par lot de couches ou mélangées avec le reste de votre linge à 60 ° avec une lessive écologique.

4. Qu’en pensent les Utilisatrices Zéro Déchet

Juliana, maman de 2 garçons, garde une expérience très positive des couches lavables. Elle recommande à tous les nouveaux parents au moins d’essayer cette méthode de langer son bébé pour voir si ça peut convenir ou pas je comprends qu’avec nos rythmes de vies actuels, ça peut ne pas convenir à tout le monde. En plus de l’aspect écologique, il y a des sacrées économies à la clé, surtout dès le deuxième enfant renchérit-elle.

A ce titre, elle recommande :

  • De combiner les couches lavables avec l’hygiène naturelle infantile (HNI), avec mon premier fils ça a très bien marché. Il a été au pot dès 6 mois et c’était le bonheur car uniquement du pipi dans les couches lavables.
  • Il n’y a pas forcément besoin d’investir beaucoup d’argent pour s’équiper, surtout si on n’est pas sûr de s’y mettre à 100%. On peut acheter des couches lavables d’occasion   sur Anibis j’ai trouvé un kit presque neuf pour 100 CHF, j’ai aussi acheté des « déjà portées » et elles vont très bien.
  • Certains magasins louent des « kits d’essai » qui permettent de tester différents modèles/marques avant d’acheter on peut aussi emprunter les couches d’une copine dont les enfants sont plus grands (c’est ce que j’ai fait au début).
  • Participer aux séances d’information gratuites sur les couches lavables proposées par certains magasins comme chez « Mère et Terre » à Chavornay.
  • D’utiliser des voiles de protection lavables un bout de tissu micropolaire fonctionne bien. Surtout que les voiles de protection jetables, contrairement à ce qui se dit, ne devraient pas être jetés aux WC (même 100% biodégradables, ils ne se dissolvent pas dans l’eau et restent coincés dans les dégrilleurs à l’entrée des STEP). Si on utilise ces voiles en papier, il faut donc les mettre à la poubelle, ce qui fait un petit déchet (certes, toujours mieux que des couches jetables).

Aline, maman d’une fille de 6 mois, affirme quant à elle que son expérience des couches lavables est très réussie. A l’en croire, les couches (de la marque Bumgenius) sont confortables et ne posent aucun problème de peau (mises à part quelques petites rougeurs les premières semaines lorsque la peau de bébé est encore fragile). Elle soulève aussi la quasi inexistence de fuites, ce qui est un point non négligeable. Pour sa fille, elle a choisi des couches évolutives à pressions, avec des inserts que l’on glisse à l’intérieur. Elle les a achetéesen deuxième main sur Anibis pour un total d’environ 300. – pour 30 couches !

Lors de l’achat, elle conseille de veiller aux points suivants :

  • Quand on achète des couches de seconde main, il faut se méfier des couches toutes blanches. Elles ont peut-être été blanchies à la javel et si c’est le cas, l’étanchéité diminue ! Des couches utilisées ont en général des tâches (bien qu’elles soient propres et désinfectées).
  • Il est préférable d’éviter les couches à velcro, car cette matière se lave plus difficilement, en particulier si l’on a recours à un service de lavage où les couches de plusieurs bébés sont lavées ensemble !
  • Eviter les couches tout-en-un avec des inserts complètement cousus sur la couche, car ellesmettent beaucoup de temps à sécher. Celles avec des inserts qu’on enfile sèchentbeaucoup plus vite, où alors celles avec des inserts cousus uniquement d’un côté. Sinon, toutes les couches de tissu restent ensemble et ça sèche très lentement.
  • En ce qui concerne le lavage, elle a recours au service éco-couches.ch (70.-/mois). Ce service passe 2 fois par semaine pour récupérer le sac de couches sales et rapporter des couches propres, ce qui permet d’utiliser les couches lavables même lorsqu’on n’a pas accès à une buanderie très régulièrement. De plus, cela ne demande aucun travail supplémentaire. C’est même du travail en moins, vu qu’il n’y a même pas besoin d’aller acheter des couches ! Et niveau budget, le prix du service de lavage ne coûte pas plus cher que l’achat de couches jetables ! Il est aussi possible de louer les couches chez Eco-couches pour 30.- de plus par mois. Après avoir testé leurs couches de location quand elle n’avait pas encore les siennes, Aline a constaté qu’elles étaient super confortables, super efficaces et en plus super jolies ! Eco-couches dessert les régions de Lausanne, Genève et la Côte et présente un service personnel très sympathique.

Bruna, maman de deux filles, a commencé à utiliser les couches lavables il y a 3 ans, lors de la naissance de sa première fille. Pour elle, le monde des couches lavables fait au premier abord un peu peur avec tous ces mots que l’on ne connait pas : Te2, insert, booster, microfibre ″. Ainsi, après plusieurs lectures de blogs, de conseils reçus par des intervenantes des groupes Facebook sur les couches lavables, elle a décidé de se lancer avec les couches de la marque best bottoms Te2 évolutive à pressions Mon mari et moi nous les avons tout de suite beaucoup appréciées par leur design (les petites fesses des bébés sont quand même beaucoup plus sympas et uniques) et aussi par le fait que nous pourrions les utiliser jusqu’à la propreté de notre fille .

Sa première expérience avec les couches lavables a été plus que positive car sa fille a eu rarement les fesses irritées. De même, elle a acquis la propreté à 18 mois et le couple a économisé environ 1800 CHF au grand bonheur de son mari.
Lors de l’arrivée de leur deuxième fille, le couple a voulu renouveler cette heureuse expérience. Cette fois-ci, ils ont investi dans des couches « nouveau-né » car la deuxième fille était arrivée 3 semaines à l’avance et du coup les couches évolutives qu’ils avaient choisiesétaient trop grandes. A ce titre, ils ont dû utiliser des couches jetables pour les premières semaines, pour cet investissement, nous avons privilégie le second main (groupe Facebook de couche d’occasion) ce qui nous a permis d’acquérir différents modèles de couches. Le jour de notre sortie de maternité nous étions très fières de pouvoir mettre à notre deuxième bébésa première couche lavable, ce qui a fait sensation à la maternité tellement la couche était colorée ! ajoute-t-elle.

Forte de cette heureuse expérience, Bruna répond à certaines questions qui lui sont posées fréquemment :

1) Est-ce qu’il y a du caca dans la machine ?
Réponse – Non, il n’y en a pas. On met le caca aux toilettes avant de mettre les couches dansun bac de stockage jusqu’à la prochaine machine.

2) Est-ce que vous avez plus de fuites qu’avec les jetables ?

Réponse  Non, pas plus si on change bébé toute les 3h pendant la journée et le soir on peut utiliser des inserts supplémentaires pour augmenter la capacité d’absorption de la couche. Notre première fille a vite fait des nuits de 12h et nous n’avons pas eu beaucoup d’accident. En plus, grâce au système des doubles goussets (élastiques situés sur la partie des cuisses) dont les couches sont munies les risques de fuites sont réduits.

3) Vous lavez vos habits avec les couches ?

RéponseOui ! on lave nos habits avec les couches. On fait un cycle rinçage essorage avec les couches uniquement et après on complète la machine avec nos habits.

4) Les couches sèchent en combien de temps ?

Réponse – Cela dépend du modèle. Nous, on a des TE2 qui sèchent en une nuit dans notre salle de bain.

5) Combien de machines à laver vous faites ?

Réponse – On fait une machine à laver tous les 2 jours mais cela dépend aussi du nombre de couches que l’on a. Si on en avait plus on pourrait faire une lessive tous les 3 jours.

6) Comment vous faites en vacances ?

Réponse – Ben ! on part avec nos couches et aussi notre lessive qui ne contient que très peu de glycérine afin de ne pas rendre nos couches imperméables. On prend également une lessive de type écologique achetée en vrac.

5. Les recommandations

  • Ne pas acheter de gros lots d’un même modèle de couches. On ne sait pas à l’avance comment sera notre bébé et parfois les couches achetées n’iront pas à la morphologie de bébé. Louez ou empruntez des couches à des amis.
  • Les couches nouveau-né (2-5kg) sont vraiment bien adaptées pour les premières semaines de vie.
  • Privilégiez des couches avec double goussets permettra de diminuer les éventuelles fuites. Les causes de fuites peuvent être dues au fait que les couches ne sont pas assez serrées ou bien que la partie absorbante soit encrassée.
  • Un décrassage tous les 3 mois ou lorsqu’on voit l’eau perler sur la partie absorbante est conseillée.
  • Un rinçage-essorage sans savon avant le lavage des couches permet d’éviter les possibles odeurs.
  • Utilisez une lessive avec peu de la glycérine pour ne pas rendre les parties absorbantes imperméables.
  • Lorsque les enfants sont en phase d’apprentissage de la propreté, il existe aussi des culottes avec des petits inserts absorbants.
  • Pour la piscine, il existe des petites culottes qui retiennent la grosse commission.
  • Il existe plusieurs groupes Facebook, un où l’on peut trouver des couches lavables d’occasion en Suisse et un autre où l’on peut poser toutes nos questions sur les couches lavables.

Conclusion

Plus qu’un simple choix de consommation, l’utilisation des couches lavables représente l’adoption d’une habitude de vie dans le cycle de développement éco-responsable de votre bébé les couches lavables c’est surtout une question d’organisation dès qu’on est dedans on ne voit plus la différence avec les jetables, car elles sont aussi faciles et pratiques à mettrecomme en témoigne Bruna.

Ses avantages sont nombreux parmi lesquels, l’amélioration de la santé de bébé, la faible empreinte écologique liée à son utilisation et le coût sur le long terme qui est nettement moins important que celui des couches industrielles jetables. Toutefois, il n’en demeure pas moins vrai que certains aspects dont l’apparence qu’elles rajoutent à la morphologie de l’enfant ou encore la durée de séchage (couches TE1) pourraient être sujet à réflexion.

Tester étant adopter », n’hésitez pas à tester les différents modèles de couches lavables afin d’affiner votre choix de comportement du bébé Zero Déchet.             

Kader Sylla / Chargé de Marketing